Africasia
Africasia

Africasia

Nombre de jours depuis leur départ : 46 jours - - - Nombre de pays traversés :2 pays traversés - - - Nombre de kms réalisés : 33.695 km (Afrique), 1.523 km à vélo (Asie) 1.659 km en transports locaux (Asie)

De Pokhara à Delhi

Date de l'épisode : 23/06/2003
Endroit actuel : Delhi, Inde
Nombre de jours depuis le départ : 212 (Afrique) , 46 (Asie)
Nombre de pays traversés : 25 (Afrique), 2 (Asie)
Derniers pays traversés : Inde
Nombre de kilomètres réalisés : 33.695 km (Afrique), 1.523 km à vélo (Asie) 1.659 km en transports locaux (Asie)
Commentaires concernant le futur trajet :

Difficile de décrire ce périple à vélo entre Pokhara et New Delhi. Pas beaucoup d’activités ‘touristiques’ mais énormément de contacts avec les Népalais et les Indiens.

De Pokhara, la route sillonne dans l’Himalaya et puis redescend doucement vers le Teraï, la plaine au pied de l’Himalaya. Arrivé dans le Teraï, je prends vers l’ouest en direction de l’Inde et longe l’Himalaya pendant la majeure partie du périple. A partir de la frontière entre le Népal et l’Inde, la route s’éloigne des montagnes pour rejoindre Delhi. Il y a une route principale qui permet de rejoindre Pokhara à Delhi, je l’emprunte souvent mais la quitte de temps en temps pour passer par des pistes, des sentiers hors de la circulation de cette route.

Chaque jour sur les routes du Népal, je pédale de villages en villages selon ma volonté et surtout la capacité de mes mollets.
La journée, je m’arrête le long de la route dans des petites échoppes pour manger un plat ou l’autre ou boire de l’eau, un Coke ou un Pepsi que l’on trouve dans les villages même les plus pommés du Népal. La nourriture est peu variée dès que je quitte les grandes villes. C’est soit du chowmein (nouilles sautées), soit des samosas, soit le dal bhat traditionnel. J’en ai mangé des quantités industrielles du Dal bhaat.
Le soir, je m’arrête dans un village ou une ville et je demande, surtout, j’essaie de me faire comprendre pour savoir où il y a possibilité de dormir. Et c’est là que cela devient super intéressant. De temps en temps, on m’indique un petit hôtel pour les gens de passage mais la plupart du temps, je me retrouve à partager la soirée avec des Népalais.

C’est comme ça que le premier jour, juste après avoir quitte Pokhara, je m’arrête à Ramdi, un petit village sur la route. Trois hommes sont attablés à l’extérieur, sur l’unique table bringuebalante du soi-disant resto. Ils m’invitent à goûter leur vin local. Si j’ai bien compris, à base de riz ou de millet. Rien d’exceptionnel mais toujours bon pour les mollets. Les trois personnes reprennent la route et la famille qui tient le resto m’invite à manger et puis recule les tables à l’intérieur du resto afin d’y installer un lit. L’affaire est faite, j’ai de quoi passer la nuit. Le père de la famille s’appelle Ranidi et vit avec son épouse et ses quatre enfants dans une pièce à l’arrière de ce minuscule restaurant. Ce qui est génial, c’est qu’il parle un peu l’anglais et on passe la soirée à regarder des photos de sa famille et de la mienne (j’ai deux photos avec moi). Il m’apprend aussi quelques mots de base de Népali qui me seront très utiles pour la suite du voyage. Après une bonne nuit entre les bouteilles de coke, les sacs de riz et de lentilles, on boit le chia (thé au lait) ensemble au matin et avant le départ, il me donne une photo de sa famille comme souvenir.

Une autre expérience inoubliable sera celle de Kusum, un petit village dans le Teraï, où après une journée étouffante de chaleur, je m’arrête épuisé dans un petit village et m’assieds à une table devant une maison, pensant qu’il s’agit d’un resto. Je demande s’il y a moyen de manger et Aktar, un jeune gars de 20 ans me demande ce que je veux manger et m’apporte des samosas. Il parle bien anglais et on va passer presque une journée ensemble. Il adore parler anglais et n’a pas souvent l’occasion. Le resto se révèle en fait être la maison de la famille d’Aktar, qui sont musulmans. En fait, dans le village, tout le monde habitue dehors et les tables devant les maisons ne sont pas des restos. Son père tient une minuscule échoppe en bois vendant des boissons et un peu de nourriture. Le Teraï est une des régions très pauvres du Népal. Ils ne vivent de rien. Il m’emmène jouer au cricket avec ses amis, sport que je n’ai jamais pratiqué. On se baigne dans la rivière toute proche car évidement, il n’y a pas d’eau courante dans les maisons. Et, on dort dehors sous les étoiles sur des lits en corde avec tous les autres habitants du village.

Une autre expérience sympa est celle à Tilaurakot, un village encore plus petit dans le Teraï. Après plus de trois heures de vélo avec un vent chaud venant de face, j’atterris dans ce village. Il n’y a vraiment rien. Que quelques minuscules fermes avec deux trois, vaches chacune. Je tombe par hasard sur un garde qui est responsable de garder un site avec les ruines d’une ancienne cité royale datant de plusieurs siècles. Il me reçoit dans sa petite maison à l’entrée du site et je passe la soirée en compagnie de ses gardes qui se relaient durant la journée et la nuit afin de « garder » les ruines. Il m’emmène manger dans une ferme juste à côté et avant le repas me fait avaler une feuille avec toutes sortes de choses dedans. En bouche, ça a le goût de médicament mais je ne peux pas en dire plus. Je n’en mangerais qu’une.

Tout au long de ce périple, je rencontre beaucoup de Népalais. De même, la journée, je m’arrête souvent dans des échoppes le long de la route. Cela occasionne des dizaines de rencontres. La plupart du temps, les personnes sont étonnées quand je leur raconte que je viens de Katmandou à vélo et veut rejoindre Delhi. Ils doivent de temps en temps me prendre pour un fou. Ce qu’ils ne comprennent pas, c ‘est comment on peut faire cela pas une chaleur pareille. Et ça, je veux dire que je les comprends. Dans les montagnes, en quittant Pokhara, la température est bonne et c’est un bon climat pour faire du vélo. Mais cela devient un cauchemar quand je descends vers la plaine du Teraï où il fait étouffant. A partir de 11 heures, le soleil commence à bien taper, juste à la verticale et il devient impossible d’avancer. Et cela jusque quatre, cinq heures l’après-midi. Au début, je ne tiens pas trop compte de cela mais je change vite le rythme de mes journées tellement je n’en peux plus de rouler en plein soleil. Je me lève donc vers 5h30 et à 6h00, je suis sur le vélo avec plusieurs arrêts jusqu’environ 10h30. Je fais une longue pause à midi et reprends en fin de journée vers 16h30 et me pose le soir vers 18h30. Cela est théorique et chaque jour, une rencontre, un coup de fatigue où un autre évènement change les plans.

Ces semaines sur les routes du Népal sont très enrichissantes et je recherchais ce contact humain. Mais j’avoue que parfois, j’ai eu dur de vivre dans un environnement si différent du nôtre. Le niveau de vie est bas, ils ne vivent de rien, il n’y a aucun confort et les conditions d’hygiène sont inexistantes. Pas de toilettes, pas de quoi se laver, l'eau de couleur douteuse, etc. C’est la que je me suis vraiment rendu compte qu il est très difficile de se passer du luxe. De temps en temps, je prends donc un hôtel pour avoir une semblant de douche et de toilette convenables.

Découvrir ces régions du Népal à vélo est, je pense, la meilleure alternative possible. Beaucoup de Népalais se déplacent à vélo et cela permet de faire beaucoup de rencontres sur la route. Je ne peux pas vous dire le nombre d’écoliers se rendant ou revenant de l’école qui ont essayé mon vélo et moi, je suivais sur leur vélo. Des dizaines de cyclistes viennent aussi à mes côtés et on discute en pédalant. Il y en a aussi beaucoup qui veulent faire la course pour voir s’ils peuvent aller plus vite avec leur vélo sans vitesses qu’avec mon mountain bike. Comme il y a beaucoup de vélo sur les routes, le grand avantage est que les chiens sont habitués et je n’ai plus eu aucun problème de ce côté-là. Au fait, j’ai toujours mon sifflet d’arbitre qui n’a pas encore trouvé d’acquéreur ; c’est le moment ou jamais.

J’avoue aussi que certains jours, mon moral et donc directement mon physique n’étaient pas au plus haut. En plein côte ou en pleine chaleur, les mollets ralentissent et presque impossible d’avancer. Pendant deux jours au Népal, je me suis dit, je vais jusqu’à ce point et puis, je mets mon vélo sur un bus pour les 100 prochains kilomètres. Cela tourne en tête et puis il y a un évènement qui vient tout changer. Une moto passe à coté de moi. La personne me parle et cela change les idées et puis il propose de me remorquer pendant 10 kilomètres jusqu’au prochain village et là je rencontre des gens qui m’accueillent gentiment. J’ai eu le même cas avec un camion au milieu d’une côte qui s’est arrêté et m’a remorqué sur le reste de la montée. Et j’ai eu plusieurs cas comme celui là. Le plus incroyable, c est en Inde mais je vous expliquerais quand je parle de l’Inde plus tard. Et finalement, j’ai tout fait à vélo.

Durant le périple au Népal, j’ai fait deux détours afin de voir deux endroits plus « touristiques » de la route. Il s’agit de Lumbini, l’endroit où Bouddha est né et le Parc national Royal de Bardia.

Lumbini, est donc une concentration de temples bouddhistes de plusieurs pays en l’hommage à Bouddha. Au milieu de ce temple se trouve le bain sacré dans lequel la mère de Bouddha, Maya Devi, s’est baignée avant d’enfanter. Cet endroit est fréquenté de beaucoup de Népalais, Tibétains et Indiens. J’ai donc rencontré aussi beaucoup de personnes qui me demandaient si j’étais bouddhiste car je venais à Lumbini. C’est un endroit exceptionnel et les temples des différents pays bouddhistes sont très intéressants à voir afin de voir les différences entre pays.

Le Parc National Royal de Bardia se situe dans le Teraï et est réputé pour ces tigres royaux du Bengale, ses rhinocéros, ses éléphants et son gibier varié. Je reste donc deux jours dans le parc et un des deux journées, je fais un safari à pied avec mon guide Padam qui m’emmène toute la journée sur les traces des animaux. Cela me rappelle évidement les safaris en Afrique. La journée commence avec une traversée à pied d’une rivière avec de l’eau jusqu'à la taille et puis nous nous enfonçons dans les fourrés. A plusieurs reprises, nous nous arrêtons à un endroit et grimpons dans les arbres pour avoir une meilleure vue. En fin de journée, à mon grand bonheur, j’aurais vu un tigre, des éléphants, pas de rhinocéros, toutes sortes de gibiers et surtout un serpent à sonnette de 2 mètres de long qui s’est enfui à mon passage à trois mètres de moi. Ca surprend, je vous l’avoue. Ces deux journées sont un bon break dans le voyage à vélo.

Quittant le Népal, j’arrive vers le 5 juin en Inde. Plusieurs personnes m’avaient donné des échos de l’Inde et des conditions difficiles pour un cycliste et je n’ai pas été surpris. Je vous explique les conditions :
• Tout d’abord, en quittant les contreforts de l’Himalaya, la température augmentait de plus en plus. Il faisait vraiment trop chaud pour faire du vélo. A mon avis, plus de 50 degrés au soleil et très lourd.
• Ensuite, les Indiens roulent comme des fous. Et, je ne pèse pas mes mots, ils sont vraiment tarés. Je vous parlais des TATAs au Népal; et bien, ce n’est rien comparé aux conducteurs de TATAs en Inde. A plusieurs reprises, j’ai du me jeter dans le fossé sinon, j’étais comme une mouche sur le pare brise du camion. Ils sont vraiment fous. Ils prennent toute la route et arrive de front à cinq mètres de moi et ne freinent pas. C’est à moi de me bouger sinon CIAO… Je n’en revenais pas. Comme me disait une amie dont j’ai reçu un mail en arrivant à Delhi : « En Inde, entre un être humain et une vache, il préfère tuer l’être humain car au moins cela ne les fera pas descendre d’une caste lors de leur future réincarnation... ». Ca a le mérite d’être clair et c’est comme ça.
• Finalement, il y a beaucoup plus de trafic sur les routes et donc c’est beaucoup moins agréable.

C’est l’ensemble de ces conditions qui m’ont fait accéléré mon périple à vélo en Inde et je me suis dit au plus tôt, je suis à Delhi, au mieux. Je verrais l’Inde à partir de Delhi avec les transports locaux. J’ai donc fait 4 jours de vélo en Inde (350km) afin de rejoindre Delhi.

Comme je vous le disais plus haut, en Inde, j’ai aussi eu une journée où je n’en pouvais plus. Je démarre tôt le matin et très vite je n’en peux plus. Je n’avance pas. J’ai envie d’arriver à Delhi et de me poser. Je m’assieds dans une échoppe le long de la route dans une ville et commande un thé. A ce moment, un petit garçon me tend un journal indien en anglais. Je n’avais plus de nouvelles de personnes, ni lu l’actualité depuis plus de deux semaines. Et en première page, je vois Justine Henin et Kim Clijsters, et le titre dit qu’elles jouent la finale de Roland-Garros le jour même. Quelle coïncidence !!! Pour une reprise de contact avec l’actualité, c’est réussi. Cette nouvelle me donne des ailes car je me dis qu’il faut que je voie la finale. Je rentre dans un hôtel et j’apprends, de plus, que cela est retransmis en direct sur une TV indienne. Cela me donne des ailes encore plus grandes. Mon objectif de la journée est de voir cette finale. Je frise les 25 à 30 de moyenne. En fin de journée, je me pose dans un bon hôtel avec TV, je commande des bières, du coke et des chips et je me fais une bonne soirée TV (la finale est à 18h30 ici) et je vois donc la belle victoire de Justine. C’est un peu mon retour à la civilisation.

J’arrive à Delhi le lundi 9 mai et range mon vélo dans la chambre de ma guest house. Je pense qu’il ne va plus trop bouger. J’aurais parcouru 1.523 kilomètres depuis Katmandou.

Finalement, je reste pas mal de temps à Delhi. Cette ville me plaît beaucoup. Elle paraît totalement chaotique mais on se rend vite compte que malgré cette impression première, tout fonctionne très bien.
En parlant de chaos, il faut que je vous parle de ceci. Il y a une enquête qui a été faite en Inde sur l’usage des klaxons. Cela donne un peu une idée du bordel et du bruit qu’il peut y avoir dans une rue encombrée de Delhi. Voici les chiffres : « Le conducteur moyen klaxonne de 10 à 20 fois par kilomètres, ce qui aboutit au nombre ahurissant de 2.000 coups de klaxon sur un trajet de 100 km ! ». Ces chiffres, c’est quand il n’y a pas d’embouteillages. Je vous laisse donc imaginer la fanfare lorsqu’une rue est bloquée. Et au milieu de tous cela, les vaches sacrées ne se soucient toujours de rien et en tout cas, n’ont pas l’air stressées.

A Delhi, je rencontre énormément de monde. Maintenant que je suis à nouveau dans un endroit touristique, ce sont principalement des étrangers. C’est comme cela que je rencontre Marie-Claire, une luxembourgeoise qui commence un voyage autour du monde. On passe pas mal de temps à déambuler dans la ville et dans les marchés à la recherche de bonnes affaires où peu de touristes se rendent. On trouve comme cela de splendides glaciaires, des vêtements, des bijoux de toutes sortes, des jeux, etc. Ce qui est exceptionnel en Inde, c’est que tout est possible. Par exemple, je vois une chemise qui me plaît mais le col n’est pas génial. Pas de problèmes, le lendemain, une nouvelle chemise avec le col approprié est prête. Et c’est comme cela pour tout. C’est un plaisir de se perdre dans ces ruelles et marchés. On a l’impression d’être dans une brocante permanente.

Je rencontre aussi Joe et Johnny, deux kenyans qui ont étudié trois ans à Delhi et connaissent la ville parfaitement. Je suis super content de pouvoir reparler de l’Afrique avec eux. Ils m’emmènent aussi faire le tour des boîtes sympas de Delhi.
Tous les jours, je rencontre beaucoup de voyageurs en route parfois quelques semaines ou même depuis plusieurs années. C’est intéressant d’échanger nos expériences respectives. Peu d’entre eux se sont rendus en Afrique.

Pendant une semaine, je quitte Delhi mais cette fois-ci, non pas à vélo mias en train à destination de Agra et de Varanasi (anciennement Bénarès).

Ma première expérience en train est inoubliable. Je me rends à la gare, passe au guichet acheter le billet à destination de Agra (3 heures de train) et par chance, on me dit que le train part dans 2 minutes. Je cours jusqu’au quai et le train est en train de démarrer. Je saute dans la voiture de seconde classe et là, c’est l’aventure qui s’engage pour les trois heures à venir.
Je vous explique. Les trains en Inde sont toujours bondés. Et quand je dis bondé, cela n’a rien avoir avec les trains aux heures de pointe en Belgique ou en France. En moyenne, il y a deux à trois fois plus de personnes qui arrivent à s’asseoir sur les banquettes que le nombre pour lequel elles ont été prévues à l’origine. A côté de cela, il y a encore le même nombre de personnes qui grimpent dans les portes bagages et s’entrecalent entre les nombreux sacs et valises. En plus de cela, il y a une foule de personnes debout dans les couloirs et entre les banquettes. En quelques mots, quand quelqu’un bouge, tousse ou veut boire quelque chose, cela se répercute dix pesonnes plus loin. Heureusement, pour aérer ce beau monde, toutes les portes et fenêtres sont grandes ouvertes et quelques ventilateurs donnent un peu d’air.
Finalement, le plus sympa et le plus marrant, c’est le raz de marée qui s’enclenche lorsque un petit vendeur essaie de passer parmi cette foule pour proposer boissons ou nourriture.
Je vous dis, prendre le train en compartiment deuxième classe sans réservation est une splendide aventure. En rentrant donc dans le wagon, j’ai enjambé cinq personnes avant de pouvoir trouver un endroit où mes deux pieds pouvaient être l’un à côté de l’autre afin de pouvoir tenir debout. Et j’ai finalement terminer le voyage, assis dans un porte bagages, après qu’un voyageur ait quitté son perchoir lors d’un arrêt avant Agra.

Arrivé à Agra, mon principal objectif était de me rendre au Taj Mahal, considéré comme le monument le plus extravagant jamais bâti pour l’amour d’une femme. Il fut construit par l’empereur moghol Shah Jahan pour recevoir la dépouille de son épouse.
Le lendemain matin, je me lève tôt afin de pouvoir admirer l’édifice au lever du soleil. J’avais entendu beaucoup de bien sur le Taj Mahal et malgré cela, j’ai encore été fasciné à la vue de cette œuvre. Il est entièrement construit en marbre et le travail du marbre est remarquable. Le marbre est sculpté et incrusté de pierres semi-précieuses. Une merveille.

Petite parenthèse culinaire. Après la visite du Taj Mahal, je me perds dans les petites rues de la villes. C’est la que je vais découvrir un super bon plat du sud de l’Inde en vente dans une petite échoppe : « l’ utapam ». Sorte de pizza cuite des deux côtés et couvertes de légumes; le tout accompagné d’une sauce à la noix de coco.

Après cette pause à Agra, je reprends le train à destination de Varanasi. Mais cette fois-ci, je réserve à l’avance et je me retrouve dans une voiture couchettes avec une place réservée en seconde. Autre chose que mon premier voyage en train. Je passerais donc la nuit en compagnie d’une famille indienne se rendant à Varanasi afin d’aller se purifier dans les eaux du Gange.

Varanasi, anciennement Bénarès est l’une des villes les plus saintes d’Inde. Les pélerins hindous viennent ici pour se baigner dans les eaux du gange, un rite censé laver de tous les péchés. Il est aussi bon d’y mourir car cela permet d’atteindre l’interruption du cycle des réincarnations (la délivrance selon la religion hindoue).

Arrivé le matin, je découvre cette ville composée d’une multitude de petites ruelles formant un énorme labyrinthe et cela juste à côté du Gange. Je me promène dans les rues et longe le Gange sur les ghats (endroits servant de lieu de baignade ou de crémation) qui bordent la rivière.
Le matin, je me lève tôt afin de pouvoir faire un tour en bateau sur la rivière au lever du soleil. Ce sera le moment qui me marquera le plus. Mon boatman, Babou, me promène le long des ghats. Chaque jour plus de 60.000 personnes viennent se baigner dans ces eaux. Ils se baignent, prient, font des offrandes. Mais le plus marquant, c’est que aussi chaque jour, environ 500 corps sont soit incinérés et les cendres jetées dans l’eau, soit lestés et jetés au milieu du fleuve. En effet, les gens saints et certaines personnes dont, entre autres, les gens qui se sont fait mordre par un serpent ne peuvent pas être incinérées et sont donc jetées dans le Gange. C’est donc incroyable de voir se cotoyer à quelques mètres les rites les plus intimes de la vie et de la mort.

De retour à Delhi, à nouveau en train de nuit, je me prépare pour rejoindre la fraîcheur du nord de l’Inde dans le courant de cette semaine…


Vous voulez en savoir plus…


Mes plus belles rencontres
• Ranidi et sa famille, qui m’ont accueilli après de longues montées et descentes à Ramdi,
• Aktar et sa famille, qui m’omt fait passer une splendide journée népalaise,
• Pandar, mon guide à Bardia, qui m’a permis de voir un tigre royal du Bengale,
• Un groupe d’adolescents indien avec qui j’ai parlé des heures le long de la route avant d’arriver à Delhi,
• Marie-Claire, et les moments inoubliables dans les dédales de rues et d’impasses de Delhi,
• Joe et Johnny, les deux kenyans qui m’ont remémoré les bons souvenir de l’Afrique,
• Toutes les autres personnes croisées depuis le Népal et qui m’ont soutenues et aidées durant cette splendide partie de mon voyage.



Photos