Africasia
Africasia

Africasia

Nombre de jours depuis leur départ : 66 jours - - - Nombre de pays traversés : 11 pays traversés - - - Nombre de kms réalisés : 12.428 km

De Ouagadougou à Niamey

Date de l'épisode : 20/11/2002
Endroit actuel : Niamey, Niger
Nombre de jours depuis le départ : 66 jours
Nombre de pays traversés : 11 pays
Derniers pays traversés : Burkina Faso, Ghana, Togo, Bénin, Niger
Nombre de kilomètres réalisés : 12.428 kilomètres

Futur trajet : Direction Nigeria, Cameroun, Tchad, Soudan

 

Cela nous semble une éternité que l’on a plus donné de nouvelles. On voulait le faire à Cotonou au Bénin, il y a une semaine mais finalement, c’est de Niamey au Niger que nous vous racontons nos dernières aventures.

Revenons presque un mois en arrière au Burkina Faso à Ouagadougou. Depuis lors, nous avons traversés le Ghana, le Togo, le Bénin et sommes au Niger depuis hier soir. Ces quatre dernières semaines nous ont permis de nous poser et surtout de préparer la grande traversée que nous entamerons dès demain en direction du Soudan.

Il y a quatre semaines, nous quittons le Burkina Faso, direction Kumasi, une ville en plein centre du Ghana. Nous nous arrêtons une nuit sur le trajet dans un petit village pas loin du lac Volta où nous sommes accueillis par un maître d’école et aussi une nuée d’insectes en tout genre. La soirée fut courte car on a sauté dans notre tente de toit et sa moustiquaire pour se mettre à l’abri. Le contraste avec le Burkina est incroyable. Tout d’abord, dès le nord du Ghana, la flore se densifie et on arrive dans des forêts. Ce qui explique aussi la recrudescence d’insectes en tout genre. C’est donc là que l’on a mis en pratique la phrase qui dit «la meilleure protection contre les moustiques, c’est de se coucher avant le coucher du soleil ». On est donc aller très tôt au lit, ce soir-là. Ensuite, une autre grande différence est le changement de culture. On est dans un pays anglophone et cela se ressent tout de suite. D’abord la langue, mais surtout la cuisine. Le raffinement des plats n’est plus ce qu’il était et le ketchup apparaît à chaque repas.
Le lendemain, nous arrivons à Kumasi, l’ancienne capitale du royaume Ashanti, qui est entre autres, très connue pour son marché, un des plus grands marchés en plein air d’Afrique de l’ouest. On a déjà vu plein de marchés depuis le début de notre voyage mais celui de Kumasi nous a vraiment impressionné par sa taille et par le monde qui y grouillait. Le soir, pas loin de Kumasi, nous nous rendons sur les rives du lac Bosumtwi dans un ancien cratère de volcan. Il s’agit d’un lieu de week-end pour les gens de Kumasi. Comme, on est en pleine semaine, c’est calme et cela fait un splendide contraste avec le centre de Kumasi.

Après plus d’un mois à l’intérieur des terres, nous sommes super contents de retrouver la côte. Et la côte ghanéenne est connue pour ses forts à esclaves anglais et portugais qui servaient de lieu de « stockage » des esclaves avant d’être transportés en bateau vers les amériques.
Nous passons deux jours à Busua (100 km de la Côte d’Ivoire) sur une superbe plage et nous profitons de cette pause pour aller visiter le fort Metal Cross à Dixcove. La guide nous fait la visite de l’ensemble des pièces du fort (les cellules, la cuisine, l’appartement du directeur, etc.). Durant l’ensemble de la visite, elle insiste très fort sur les conditions de vie des esclaves dans le fort en faisant la distinction noir blanc. C’est à un point tel que l’on se sent coupable de ce qui s’est passé. Elle faisait donc très bien passer le message.
Le jour de la visite de Dixcove, nous avons eu la chance de nous retrouver au milieu de la cérémonie d’enterrement du chef du village décédé trois semaines auparavant (on a bien dit trois). Les hautes instances du pays sont présentes et tout le monde est en costume de cérémonie rouge et noir. C’est splendide.
Par la suite, nous passons une journée à Cape Coast où se trouve le Cape Coast Castle. Notre dernière étape au Ghana est Accra, la capitale du pays afin de se rendre à l’ambassade du Togo pour y obtenir notre visa. La première bonne nouvelle, c’est qu’il existe un visa commun pour le Togo, le Bénin, le Niger et aussi le Burkina et la Côte d’Ivoire. Nous ne devrons donc pas nous rendre dans chaque ambassade. La seconde, c’est que l’on peut avoir le visa dans la journée ; nous ne restons donc pas plus longtemps à Accra.

Nous entrons donc au Togo le lundi 4 novembre et allons directement à Lomé. Nous sommes attendus chez Arnaud Lambotte, une connaissance de l’université de Louvain-La-Neuve (UCL) où nous avons fait nos études. Pour ceux qui sont passés à l’UCL, Arnaud a été président du Cesec (Cercle des Etudiants en Sciences Economiques) après notre passage. En quelques mots, cela nous assurait de tomber dans un environnement connu. Il faut dire que l’on est super content de pouvoir se poser pendant quelques temps après plus d’un mois et demi sur la route. Finalement, nous resterons une semaine chez Arnaud. Il faut dire que l’accueil est exceptionnel. Arnaud nous sort à gauche à droite dans les restos, bars et boîtes de Lomé. Nous sommes à présent connus comme deux stars du karaoké au bar « Latinos ». Il nous met sa maison avec piscine à disposition. Arnaud, encore merci pour ton accueil durant cette semaine à Lomé.
Nous profitons aussi de cette semaine, pour faire réviser la voiture et pour préparer notre traversée vers le Soudan. Nous y reviendrons à la fin de l’épisode.
Nous faisons une excursion d’une journée à Kpalimé à une centaine de kilomètres de Lomé. C’est un endroit dans les montagnes à la frontière avec le Ghana. Nous prenons un guide qui nous emmène dans la forêt à la chasse aux papillons et nous explique la faune et flore du pays. L’excursion se termine par un splendide panorama sur le lac Volta au Ghana.

Nous quittons le Togo, le lundi 11 novembre en direction de Cotonou au Bénin. Cette fois-ci, nous sommes attendus chez Alain Kempinaire et sa copine Ilse. L’accueil sera du même niveau et notre rythme de vie aussi mais nous avons différentes formalités à accomplir avant de partir :
1. L’objectif principal à Cotonou est de se procurer le visa pour le Nigeria. On pensait que cela allait être compliqué et pour finir, nous l’obtenons très rapidement en une journée.
2. Nous enlevons tout ce qui se trouve sur notre galerie de toit (démontage de la tente de toit, de la malle, du high-lift, du jerrycan, des deux roues de secours) et la portons chez un petit soudeur afin qu’il la renforce. La galerie a bien souffert jusqu’à maintenant, il est obligatoire de la renforcer avant le Tchad et le Soudan car sinon, elle va arriver en morceaux en Afrique de l’Est.
3. Nous faisons vérifier les freins et le frein à main de la voiture chez une ami de Alain. C’est Florent et Eddy qui s’occupent de notre voiture et règlent quelques détails. Ils sont à fond dans notre trip et nous donnent différents conseils. Finalement, ils nous demanderont une somme ridicule par rapport à ce que nous avons payés dans les autres garages. Ils nous demandent seulement de mettre un petit autocollant de leur garage E2C sur la voiture. Nous avons donc un nouveau logo sur la voiture.

Ces formalités nous prendront une grande partie de la semaine. A part ça, nous irons dans le centre de Cotonou en zemi-john (voir photo) et profiterons de la maison de Alain et Ilse.
Le vendredi 15 novembre, nous sommes invités à déjeuner chez Maurice. Maurice, nous l’avons rencontré à la frontière Sénégal-Mali. Il descendait de France avec un ami en Peugeot 505. Il est marié à une béninoise et habite deux à trois mois par an à Godomey près de Cotonou. On prend un bon repas avec sa famille et il nous emmène l’après-midi à Ouidah, ville connue pour ses forts à esclaves français et portugais et la porte du non-retour. Le guide qui nous fait visiter le fort portugais est très intéressant et donne beaucoup de détails sur la vie des esclaves au Brésil et explique même le retour des esclaves au Bénin.
Le soir, nous retrouvons Alain et Ilse. Ils nous ont dégoté deux places pour le barbecue-soirée organisé à l’occasion de fête de la dynastie belge. Il s’agit d’une soirée pour l’ensemble de la communauté belge du Bénin. Cette soirée a lieu en plein air dans le jardin de la maison du consul de Belgique à Cotonou. Il y a près de deux cent personnes, dont la majorité des belges. On se marre super bien et on rentre très tard en début de matinée.

On avait prévu de quitter Cotonou le samedi 16 novembre afin de monter vers Niamey mais une rencontre à changer notre programme. Lors de la soirée chez le consul, nous avons rencontré Dominique et sa femme Dominique (facile à retenir). Il y a deux ans, ils ont tout lâché en Belgique, ont chargé toutes leurs affaires dans quatre camions et trois voitures et sont descendus en convoi jusqu’à Cotonou. Dominique et son fils Jonas (12 ans) sont descendus avec les camions par la même route que nous avons empruntée. Sa femme, Juliette (5 ans) et Lola (3 ans) les ont rejoint deux mois plus tard en avion. Ils se sont installés dans un village à 20 km de Cotonou et sont en train de terminer leur splendide maison fabriquée avec l’aide de tous les villageois. Ils ont différents projets en liaison avec le village. Ils nous accueilleront pendant deux jours dans leur maison et leur cocon familial.
Quand on écoute Dominique parlé de la descente de Belgique au Bénin avec son convoi, nos deux problèmes d’embrayage et les mini-problèmes techniques que nous avons eu ne sont rien par rapport à ce qu’il a vécu. Ce la nous a donc gonflé à bloc pour notre traversée vers le Soudan.

C’est finalement le lundi 19 novembre que nous quittons Cotonou et mettons deux jours pour rejoindre le Niger. Nous sommes arrivés à Niamey hier soir et nous avons été accueillis par la famille Alloke. C’est grâce à Fabienna, une amie de la sœur de François que nous avons eu ce contact. C’est une famille africaine qui habitent le centre de Niamey. L’ensemble des grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines, enfants, petits-enfants habitent dans le même quartier. Depuis hier, nous avons été présentés à plus de cinquante personnes de la famille et ils se ressemblent tous.
Aujourd’hui, nous avons demandé notre visa pour le Tchad que nous recevrons demain. Nous resterons donc encore demain dans cette merveilleuse famille africaine et reprendront la route pour le Nigéria.

Nous sommes actuellement à un virage dans notre voyage. Nous ne sommes plus fixés que sur la traversée vers l’Afrique de l’Est. Nous avons passé deux mois splendides en Afrique de l’Ouest mais nous sommes contents de passer à quelque chose d’autre, c’est-à-dire l’Afrique de l’Est, ses parcs animaliers et ses montagnes. Par contre, il y a encore une grande inconnue afin de pouvoir rejoindre l’Afrique de l’Est, c’est l’obtention du visa pour le Soudan qui est donné apparemment, à la tête du client. Nous le demanderons à N’Djaména au Tchad. Si on l’obtient, on continue notre route vers l’Est. Si, on nous le refuse, on ne veut pas y penser car il n’y a pas d’autres moyens « sûrs » de rejoindre l’Afrique de l’Est par la route.

Vous serez fixés sur la suite de notre périple dès le prochain épisode …

Vous voulez en savoir plus…

La grande traversée vers le Soudan et l’Ethiopie

Au départ, nous avions prévu de passer par le Niger pour rejoindre le Tchad. Ceci, nous faisait passer par la splendide région du nord du lac Tchad. Malheureusement, selon les dernières nouvelles reçues de voyageurs et confirmées par le Ministère Français des Affaires Etrangères, il faut éviter cette zone pour le moment.
Cela nous contraint donc à rejoindre le Tchad par le Nigeria et le Cameroun. On n’est pas ravi de passer par le Nigeria mais on a choisi de passer par le nord (pour éviter les grandes villes de Abuja et Lagos) et nous ne resterons que une nuit au Nigéria.

Voici donc ce qui est prévu pour la suite de notre voyage :
• Jeudi 21/11 : départ de Niamey en direction de Maradi,
• Vendredi 22/11 : arrivée à la frontière nigériane de Jibiya entre (Maradi et Kano), nuit à la frontière,
• Samedi 23/11 : départ aux aurores, passage de la frontière, route vers Katsina, Kano et Potiskum, nuit à Potiskum.
• Dimanche 24/11 : rejoindre la frontière du Cameroun, via Maiduguri, Dikwa et Ngala. Passage à Fotokol (Cameroun)
• Arrivée au Tchad et N’Djaména le dimanche 24/11 si on ne passe pas une nuit au Cameroun, ou le lundi 25 novembre, si on passe une nuit au Cameroun.
• Demande du visa pour le Soudan à N’Djaména. Cela peut prendre une journée, deux semaines sans être sûr de le recevoir. Quoiqu’il arrive, on a rendez-vous avec le couple d’allemands vers le 6 décembre pour la traversée.
• N’Djaména est à 2.600 km de Khartoum (Soudan) et les routes sont dans un état pitoyable. Des voyageurs qui y sont passés nous ont dit que certains jours il faisait maximum 140 km de moyenne quotidienne.
Notre objectif est de rejoindre l’Ethiopie fin décembre. Mais pour l’instant, rien n’est sur…


Le coût de la vie

Le taux de change Euro – CFA est le suivant 1 euro = 655 CFA

• 1 pain = 100 CFA
• 1 bouteille d’eau minérale = environ 500 CFA
• 1 bouteille de coca = de 150 à 300 CFA (selon les pays)
• 1 bière locale = environ 400 CFA
• 1 paquet de cigarettes = de 500 à 700 CFA
• 1 litre de diesel = de 250 à 350 CFA (selon les pays)
• 1 nuit de camping = environ 2.000 CFA par personne et 2.000 CFA pour la voiture
• 1 chambre double dans un petit hôtel en ville = environ 10.000 CFA
• 1 chambre double dans une auberge dans un bled pommé = environ 2.000 CFA
• 1 repas dans un resto local = entre 500 et 2.000 CFA
• 1 repas dans un resto touristique = à partir de 5.000 CFA et cela peut monter très haut
• 1 visa = environ 15.000 CFA


Notre vie de mécano

La voiture se porte de mieux en mieux et nous n’avons plus de gros problèmes techniques à signaler. Ceci ne présage que du positif pour la traversée à venir vers le Soudan. On peut presque sortir le champagne. De plus, les deux vérifications que nous avons faites à Lomé et Cotonou lui ont rendu sa jeunesse d’antan (avant le Maroc).
On l’a même améliorée. En rajoutant une pièce de caoutchouc entre le radiateur et l’hélice, nous avons la température du moteur qui a chutée. Bon présage pour le Tchad et le Soudan, où nous ne devrons peut-être pas mettre le chauffage en pleine journée afin de faire descendre la température du moteur.


Nos plus belles rencontres
• Dominique, sa femme Dominique et ses trois enfants Jonas, Lola et Juliette qui ont tout quitté en Belgique, ont déménagé l’ensemble de leur affaire dans un convois de quatre camions pour venir s’installer dans un petit village près de Cotonou afin de monter un projet avec les villageois,
• La famille Alloké à Niamey. On essaie toujours de retrouver qui est qui, tellement ils sont nombreux. Depuis hier soir, nous vivons 100% à l’africaine. Clothilde, la fille de la famille nous emmène ce soir à la découverte de Niamey by night,
• Arnaud, Alain, Ilse, Maurice qui nous ont accueilli pendant notre séjour.


Notre plus gros défi
Rejoindre l’Ethiopie d’ici la fin décembre.


Photos